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	<title>Finance Management &#187; Euro</title>
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		<title>« Les marchés matures doivent quitter leur zone de confiance »</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Nov 2012 15:51:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Florence Thibaut</dc:creator>
				<category><![CDATA[Conjoncture]]></category>
		<category><![CDATA["Assurance Crédit"]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[croissance]]></category>
		<category><![CDATA[Euro]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans le cadre du séminaire Qui ne risque rien, n’a rien organisé par Atradius, plusieurs spécialistes de l’assurance crédit se sont interrogés sur les inquiétudes des CEO et les défis auxquels les leaders doivent désormais répondre. Parmi ceux-ci figure la recherche d’une croissance profitable et surtout durable. Pour Christophe Cherry, Country Director d’Atradius Belgique et Luxembourg, les chefs d’entreprise sont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.financemanagement.be/wp-content/uploads/2013/06/Atradius.jpg" alt="Atradius" /></p>
<div id="chapeau"> Dans le cadre du séminaire <em>Qui ne risque rien, n’a rien</em> organisé par Atradius, plusieurs spécialistes de l’assurance crédit se sont interrogés sur les inquiétudes des CEO et les défis auxquels les leaders doivent désormais répondre.<span id="more-769"></span> Parmi ceux-ci figure la recherche d’une croissance profitable et surtout durable.</div>
<p>Pour Christophe Cherry, Country Director d’Atradius Belgique et Luxembourg, les chefs d’entreprise sont en ce moment face à un paradoxe de taille. « <em>Ils doivent être capables d’augmenter les revenus de leur organisation, en général à l’aide d’investissements, mais aussi de stimuler le profit, ce qui a souvent pour effet de réduire les dépenses. La question de la durabilité suppose de réussir à accroître ses revenus. Le contexte est difficile, la plupart des sociétés manquent de financement. Pour beaucoup de PME, créer de la valeur sans diminuer les coûts est très difficile. Ce n’est pourtant pas impossible. Sans prendre de risques, rien ne se passe. Il faut oser pour innover et se distinguer, particulièrement en période de crise. </em>» </p>
<h2>Sortir des frontières</h2>
<p>Pour Simon Groves, Experential Marketing Manager chez Atradius, le salut des économies européennes réside dans la recherche de nouveaux marchés, notamment en Chine, en Inde, en Turquie, Lituanie, Bulgarie ou encore en Pologne. Les 27 envisagent leurs exportations à la baisse, en témoigne les taxes de fret routier, un bon indicateur de leur volume.<br />
« <em>Les marchés  matures doivent sortir de leurs zone de confiance et ne plus se limiter à leurs marchés historiques. Le profit se trouve ailleurs. Bien sûr, les nouvelles ne sont pas très bonnes, on ne parle que de chômage, de pénurie et d’endettement, ça ne donne pas envie d’innover</em>, explique-t-il. <em>Prenons l’exemple de la Belgique, qui est fortement dépendante de ses exportations. Elle travaille avant tout avec ses voisins, or la France et l’Allemagne ont connu un écroulement sévère de leurs importations ces derniers mois, ce qui a des conséquences durables sur leurs partenaires. A titre d’exemple, les activités du pays en Pologne ne représentent que 2% des exportations, pourtant le marché intérieur polonais représente près de 38 millions de consommateurs, les Belges ne devraient pas hésiter. Bien sûr, il y a certaines contraintes logistiques, culturelles et juridiques dont il faut tenir compte, mais elles ne devraient plus constituer un frein pour entreprendre. </em>»</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;On ne peut plus extrapoler le passé pour expliquer le présent&nbsp;&raquo;.</p></blockquote>
<h2>Soutien artificiel</h2>
<p>Pour Ivan Van de Cloot, professeur d’économie à la HUB et Chief Economist à l’Institut Itinera, un think tank axé sur la finance, la durabilité en termes de croissance économique est une préoccupation qui a malheureusement disparu au cours des dernières décennies. « <em>Plusieurs chiffres, comme la dette totale de l’économie aux USA, nous montrent que nous sommes actuellement dans une période de troubles non temporaire et sans précédent, mais qui offre, néanmoins, de nouvelles perspectives. Un des constats à observer est qu’on ne peut plus extrapoler le passé pour expliquer le présent, on ne peut plus se contenter de recycler de vieilles recettes. Une chose est sûre, il y a une vraie ignorance de l’économie réelle chez beaucoup d’hommes politiques. Les logiques politique et économique sont souvent en opposition en Europe. </em>»<br />
Si les niveaux de croissance sont en baisse aux quatre coins de l’Europe, rien de vraiment nouveau pour autant pour Ivan Van de Cloot. « <em>Le taux de croissance européen était déjà assez modéré avant la crise, il faut voir plus loin que ce seul symptôme. Aujourd’hui la situation économique est très artificielle, le système financier est sous perfusion. Les banques centrales le maintiennent sous respirateurs, mais ce n’est pas quelque chose de nouveau. Il n’y a pas si longtemps, à la fin des années 90, les banques centrales ont injecté beaucoup de liquidités sur les marchés par peur du passage à l’an 2000. Cela dit, il faut parfois relativiser cette crise, beaucoup de gens mènent encore la même vie qu’en 2007.</em> » </p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Une union monétaire ressemble à un mariage, avec des bons et des mauvais jours&nbsp;&raquo;.</p></blockquote>
<h2>Enjeux monétaires</h2>
<p>Contrairement à d’autres pays, les 27 membres de l’UE n’ont pas la possibilité de dévaluer leur monnaie, un remède à court terme souvent utilisé pour relancer l’économie. « <em>La douleur est encore forte en Europe, puisqu’au début de la crise, nous venions de lancer une monnaie unique, c’est assez symbolique. A mes yeux, une union monétaire ressemble à un mariage, avec des bons et des mauvais jours</em> », explique encore Ivan Van de Cloot. Pour ce dernier, différents mécanismes, notamment inspirés des Etats Unis, peuvent solidifier une union monétaire : la flexibilité salariale et la mobilité du travail permettent de compenser la dévaluation de la monnaie.<br />
« <em>Les Etats-Unis ont une longue tradition d’union monétaire. Avec le temps, différents instruments se sont mis en place. Lors de la dernière crise automobile, par exemple, une solidarité a émergé au sein des travailleurs, qui ont accepté de baisser leur salaire pour conserver leur emploi. Il y a également beaucoup plus de mobilité sur le marché de l’emploi, de nombreux travailleurs américains acceptent de changer d’Etat pour un poste, c’est moins le cas en Europe. Un troisième élément pourrait être un fédéralisme budgétaire accru. Les Etats américains partagent beaucoup de transferts de fonds. Dans ce domaine, il y a moins de solidarité entre les pays membres de l’Union.</em> »<br />
Quant aux solutions à apporter au manque de compétitivité en Europe, les économistes sont loin d’être unanimes. Il faudra, en tous cas, réagir à temps pour parvenir à évacuer le trop plein de liquidités. « <em>On vacille souvent entre dépenses pour relancer l’économie et réductions budgétaires</em>, conclut-il. <em>Deux scénarios sont souvent envisagés pour réduire l’endettement: la fiscalisation et la monétarisation des dettes On a aussi besoin d’une coordination plus efficace entre les pays européens. Certains ont besoin d’oxygène venant d’autres pays, d’autres devront faire davantage d’efforts. Globalement, nous avons évité la situation des années 30, même si nous ne sommes pas encore tirés d’affaire. Je pense que ce sera un chemin de croix d’au minium dix ans. Historiquement, chaque fois qu’il y a eu une crise de l’endettement, il y a eu un changement des rapports de pouvoir dans le monde. L’Occident va devoir se réinventer.</em> »</p>
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		<title>&#171;&#160;L&#8217;euro engage une question morale&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Nov 2012 16:49:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bruno Colmant</dc:creator>
				<category><![CDATA[Idées]]></category>
		<category><![CDATA[Colmant]]></category>
		<category><![CDATA[Euro]]></category>
		<category><![CDATA[monnaie]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;euro survivra-t-il, dans sa formulation actuelle, à la crise qui transperce ses fondements? Ma réponse est désabusée et négative. L&#8217;euro contemporain n&#8217;existe plus que dans les illusions de certains qui, le nez sur l&#8217;événement, devraient sortir de leur torpeur. Il y a bien sûr les phénomènes techniques qui sous-tendent cette intuition. Ils sont connus: la mondialisation, la migration des centres [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.financemanagement.be/wp-content/uploads/2012/11/Bruno-Colmant.jpg" alt="Bruno Colmant" /></p>
<div id="chapeau">L&rsquo;euro survivra-t-il, dans sa formulation actuelle, à la crise qui transperce ses fondements? Ma réponse est désabusée et négative. L&rsquo;euro contemporain n&rsquo;existe plus que dans les illusions de certains qui, le nez sur l&rsquo;événement, devraient sortir de leur torpeur.</div>
<p><span id="more-558"></span></p>
<p>Il y a bien sûr les phénomènes techniques qui sous-tendent cette intuition. Ils sont connus: la mondialisation, la migration des centres de croissance vers l&rsquo;Asie et les États-Unis, la divergence grandissante entre les économies du Nord et du Sud de l&rsquo;Europe, les gigantesques dettes publiques, la fin d&rsquo;Etats-providence qui ne créent plus de richesses et l&rsquo;aboutissement d&rsquo;une croissance artificiellement gonflée par l&rsquo;emprunt. Ces éléments constituent un gâchis. Pourtant, il y a autre chose de plus grave: c&rsquo;est l&rsquo;absence de projet unificateur, c&rsquo;est-à-dire de concept supérieur qui, au-delà des valeurs monétaires, suscite une adhésion morale collective. </p>
<p>Réalisons-nous que la crise de l&rsquo;euro est désormais rythmée, dans une cacophonie politique complète, par les propos sibyllins du Président de la BCE, aux lèvres duquel les marchés sont suspendus? Prenons-nous conscience du manque de hauteur que certains dirigeants européens démontrent en se limitant à chercher l&rsquo;effet d&rsquo;aubaine médiatique? Pourtant, le moment est grave: qui aurait pu imaginer que des drapeaux nazis puissent être brandis à Athènes ou qu&rsquo;un journal italien fasse référence au quatrième Reich?</p>
<p>La confiance dans l&rsquo;idée européenne s&rsquo;effrite. Le postulat d&rsquo;une monnaie unique qui entraînerait une homogénéité des politiques économiques s&rsquo;avère être un leurre. En fait, la monnaie ne cimente pas les peuples. Au contraire, son uniformisation fait rejaillir des particularités (politiques, culturelles, raciales, etc.) que différentes devises nationales avaient pu, avant 1999, cantonner derrière les frontières de chaque pays. Les régionalismes et les populismes s&rsquo;affichent d&rsquo;autant plus facilement qu&rsquo;ils ne sont plus confinés par la défense d&rsquo;une devise nationale.</p>
<blockquote><p>« Les structures européennes ont toujours été escamotées par l&rsquo;alliance franco-allemande, dont le ciment est la véritable origine politique de la monnaie unique. »</p></blockquote>
<p>Il ne faut pas s&rsquo;y tromper: c&rsquo;est l&rsquo;élément politique est le principal facteur de désagrégation de l&rsquo;euro. Malgré le fait que les gouvernements individuels évoquent la nécessité d&rsquo;avancées constitutionnelles, un renouveau des structures communautaires n&rsquo;a pas émergé. Seul le corps administratif de l&rsquo;Europe a été renforcé, au risque de l&rsquo;avoir rendu pléthorique et détestable. </p>
<p>En réalité, les Etats individuels restent plus puissants que les méta-structures européennes. Ils ne sont jamais soumis à un quelconque abandon de souveraineté, consacrant l&rsquo;approche westphalienne de l&rsquo;Europe. Les structures européennes ont toujours été escamotées par l&rsquo;alliance franco-allemande, dont le ciment est la véritable origine politique de la monnaie unique. Les autres pays sont au mieux des passagers clandestins et, au pire, des contingences. Il y a donc une dissociation entre le pouvoir nominal (médiatiquement présenté par les responsables des structures européennes) et le pouvoir réel (effectivement exercé par les Etats dominants). Cela pose de graves questions citoyennes de représentativité politique.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;Europe croit sauver son économie et sa monnaie dans la vertu budgétaire. Elle les perdra peut-être dans les heurts sociaux. La démarche européenne néglige le facteur social qui peut conduire à des embrasements soudains, sans qu&rsquo;ils ne soient d&rsquo;ailleurs parfois stériles. L&rsquo;histoire économique regorge de ces incidents. D&rsquo;ailleurs, ce n&rsquo;est pas la première fois que le rêve monétaire est gommé au profit d&rsquo;un retour aux réalités nationales. Combien de fois l&rsquo;avènement de la paix et de la prospérité ne furent-ils pas annoncés par le libre-échange et des accords monétaires avant que l&rsquo;Histoire ne se retourne brutalement? L&rsquo;Union Monétaire latine de la fin du dix-neuvième siècle ne résista pas aux différentiels de modèles européens et s&rsquo;échoua dans la guerre de 1914-18. Il en fut de même entre les deux guerres mondiales, au cours desquelles les accords monétaires espéraient créer l&rsquo;harmonie des peuples. </p>
<blockquote><p>« Ce qui doit être formulé, c&rsquo;est un message d&rsquo;union, de générosité et de confiance dans la jeunesse et la compréhension entre les peuples. »</p></blockquote>
<p>Finalement, j&rsquo;ai une crainte. Celle que le dessein européen, porté par des hommes qui avaient conservé la conscience de la guerre, ne se soit essoufflé au profit de nationalismes économiques puissants. Les économistes doivent poser au passé des questions qui intéressent le présent. Au début de la crise, certains d&rsquo;entre eux rappelaient qu&rsquo;il ne faut jamais sous-estimer la volonté et le pouvoir politique. Cinq ans plus tard, c&rsquo;est la désunion politique qui leur répond. Sauver la monnaie unique ne signifie pas que tous les pays y restent affiliés. La monnaie unique traversera des cahots et des sabordages. </p>
<p>Ce qui doit être formulé, c&rsquo;est un message d&rsquo;union, de générosité et de confiance dans la jeunesse et la compréhension entre les peuples. D&rsquo;aucuns trouveront ces idées naïves. Après tout, il n&rsquo;est peut-être d&rsquo;Etats que d&rsquo;intérêts particuliers. Pourtant, les dirigeants européens actuels qui, par manque de grandeur ou opportunisme, ne passeront pas à leurs successeurs le flambeau de Mitterrand et de Kohl, porteront une lourde responsabilité devant l&rsquo;Histoire.</p>
<p><strong>Bruno Colmant</strong> <em>est professeur à la Vlerick Management School et à la Louvain School of Management, membre de l&rsquo;Académie Royale de Belgique, et membre du comité de rédaction de Finance Management.</em></p>
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		<title>Euro: le compte à rebours de la fin?</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Jun 2012 09:41:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bruno Colmant</dc:creator>
				<category><![CDATA[Idées]]></category>
		<category><![CDATA[Euro]]></category>

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		<description><![CDATA[Jour après jour, telle une catastrophe que l’on visionne au ralenti, la zone Euro se rapproche inéluctablement d’une situation chaotique, c’est-à-dire sa dislocation. Ce choc monétaire n’est pas conditionné par le résultat des élections grecques ou les orientations budgétaires allemandes. Même l’immobilisme récent de la Banque Centrale Européenne (BCE) devient un élément accessoire dans ce paysage mobile. C’est beaucoup plus [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.financemanagement.be/img/brunocolmant_2012-06.jpg" alt="Bruno Colmant" /></p>
<div id="chapeau">Jour après jour, telle une catastrophe que l’on visionne au ralenti, la zone Euro se rapproche inéluctablement d’une situation chaotique, c’est-à-dire sa dislocation. <span id="more-88"></span>Ce choc monétaire n’est pas conditionné par le résultat des élections grecques ou les orientations budgétaires allemandes. Même l’immobilisme récent de la Banque Centrale Européenne (BCE) devient un élément accessoire dans ce paysage mobile. C’est beaucoup plus grave…</div>
<p>L’entente entre les peuples européens n’est plus suffisante pour partager l&rsquo;expression ultime du pouvoir régalien, à savoir celui de battre monnaie commune. D’ailleurs, qu’est-ce que la monnaie, sinon une convention étatique destinée à supporter les transactions et l’épargne? Or, la valeur de l’épargne, c’est la mesure du temps. Ce temps a déjà été emprunté aux futures générations par l’accumulation d’une dette publique qui leur sera léguée. Aujourd’hui, après avoir gaspillé la croissance de ces prochaines générations, les pays de la zone Euro ne partagent plus la même vision du futur.<br />
Treize ans après la consécration d’un projet politique qu’avaient porté des hommes visionnaires, gardiens de la conscience de la dernière guerre, des Etats européens risquent de se dire adieu, s’abandonnant à une reconfiguration monétaire et à des dérives économiques. Ces dernières ne seront pas lentes, mais désordonnées, car il est impossible d’assurer l’ordre social sans discipline monétaire. Des pays traverseront des spasmes politiques et nationalistes afin d’espérer retrouver les bases d’une économie stabilisée.</p>
<h2>Clandestins de l’Euro</h2>
<p>Est-ce à dire que certains pays n’ont jamais désiré de monnaie unique, si ce n’est pour satisfaire des intérêts de circonstance ou tirer profit d&rsquo;effets d&rsquo;aubaine? Ce n’est pas exclu. Le mouvement politique qui aurait dû accompagner le cerclage monétaire n’a jamais été instauré. Certains pays furent les passagers clandestins de l’Euro. D’autres virent l’intérêt immédiat d’étendre leur marché intérieur en évitant une réévaluation de leur monnaie.<br />
Pendant longtemps, nous avons cru, comme de nombreux économistes, que la vision politique de la monnaie unique serait assez profonde pour prendre la mesure des enjeux à long terme. Mais, après trois ans de tergiversations monétaires et de pusillanimité communautaire, force est de constater que l’optimisme de l’intelligence doit s’écarter au profit du pessimisme de l’absence de volonté. C’est un désastre.<br />
Au reste, qu’observe-t-on? Sans accepter les conséquences de cette adhésion, des pays européens faibles et peu industrialisés se sont imposé une monnaie forte, typique des pays disciplinés par les exportations manufacturières. Par l’adhésion monétaire, ces mêmes pays ont pu accroître leur endettement public à des conditions anormalement favorables. Tout s’est passé comme si la disparition du risque de change avait, au lieu de renforcer les structures socio-économiques de certains Etats, permis d’emprunter la solvabilité de l’Allemagne.<br />
A côté de ce phénomène d’aubaine, peu comprirent que l’Euro était un choix volontaire d’appartenance à une économie de marché libérale et flexibilisée. En effet, une zone monétaire n’a d’existence que si les facteurs de production, c’est-à-dire le travail et le capital, sont fluides et mobiles au sein de la zone. Mais, contrairement aux anticipations, les différents pays européens ont accru le poids de l’Etat dans l’économie marchande, en calcifiant la réglementation du travail et en rendant l’adaptation des facteurs de production visqueux. Au lieu d’assouplir l’économie, les conditions d’emprunt public apportées par l’Euro ont renforcé les États-providence.</p>
<h2>Orientations erratiques</h2>
<p>Les autorités européennes auraient dû confronter ces Etats-membres à ces dérives d’augmentation de l’endettement public, et ceci bien avant la crise de 2007 qui ne fut, rétrospectivement qu’un révélateur de dysfonctionnements plus profonds. Pourtant, aucun message sérieux ne fut donné. En même temps, chacun savait que le coût du vieillissement de la population commencerait à submerger les finances publiques. Là non plus, rien ne fut anticipé, un peu comme si l’effet d’euphorie de la monnaie unique aurait pu gommer les réalités objectives.<br />
L’indolence politique communautaire, la complaisance régulatrice et les rigidités sociales s’ajoutèrent au manque de prospective pour conduire nos économies européennes à un niveau d’endettement insoutenable et incompatible avec une monnaie qu’on veut unique, mais à laquelle on ne veut pas sacrifier l’indépendance fiscale et budgétaire nationale. Nous écrivions que tout se met en place pour un désastre monétaire. Pour observer ces éléments que les marchés financiers ont déjà anticipé, tant par des taux d’intérêt intolérables au Sud de l&rsquo;Europe que par une perte de valeur des entreprises financières de 50% en un an, il suffit de constater le caractère erratique des orientations politiques.<br />
En effet, alors qu’un chômage gravissime (11% de la population active en Europe) s’ajoute à une contraction conjoncturelle inédite, les autorités politiques européennes imposent aux pays fragilisés des programmes d’austérité qui conduisent à une spirale mortifère, c’est-à-dire à une récession alimentée par la rigueur. Ces programmes budgétaires fragilisent gravement les banques locales, déjà confrontées à des pertes abyssales.</p>
<h2>Mauvaise fuite</h2>
<p>En même temps, les récentes interventions de la BCE sont destinées à permettre aux banques des pays faibles de racheter la dette publique de leurs propres Etats. Ces pays (Portugal, Italie, Espagne, etc.) dérivent donc progressivement du marché européen des capitaux et doivent se reposer sur leur épargne locale, pourtant mise à mal, pour se financer. Le risque de contamination financière en est réduit, mais au prix d’une fragilité individuelle de chaque pays. Cela conduit à une nationalisation tacite des secteurs bancaires, dont l’alimentation en liquidité va inévitablement se tarir. Ces mêmes établissements financiers pourraient même s’effondrer, sauf à espérer un support européen qu&rsquo;on ne leur accordera qu&rsquo;à des conditions inacceptables socialement.<br />
On est donc loin de l’idée des hypothétiques Eurobonds que l’Allemagne réfutera. Pourquoi ce pays, qui a permis aux autres Etats membres de s’endetter aux conditions de sa discipline sociale, accepterait-il désormais de devoir être soumis aux conditions des pays laxistes? Le même raisonnement vaut pour l’illusoire « union bancaire » et les protections européennes des dépôts, qui sont des ectoplasmes en temps de crise financière.<br />
D’ailleurs, qu’observe-t-on déjà dans les pays faibles, si ce n’est une massive fuite de l’épargne vers d’autres pays, de peur que l’expulsion monétaire grecque ne soit, à brève ou moyenne échéance, transposée à d’autres Etats-membres. C’est la preuve que les citoyens des pays périphériques ont perdu la confiance dans leur propre Etat, alors que cette confiance en la monnaie est précisément la garante de l&rsquo;apaisement social.</p>
<h2>Deux catégories</h2>
<p>Que va-t-il donc se passer si la Grèce abandonne l’Euro? Les autres pays périphériques, tétanisés par le cas grec, devront nationaliser leur secteur financier et imposer des restrictions aux mouvements de capitaux qui tenteront de fuir les pays. Il en résultera un dirigisme étatique. Ces mêmes pays du Sud de l’Europe ne formeront plus une zone monétaire homogène, mais adopteront des devises distinctes, sauf peut-être l’Espagne et le Portugal qui coexisteront sous le même étalon monétaire. Ce ne sera donc pas une Europe à deux vitesses, mais une boîte de vitesse en pièces détachées.<br />
Les pays du Nord de l’Europe resteront groupés dans une zone Deutsche Mark étendue au Benelux, à l’Autriche, à certains pays du Nord ou de l’Est européen, voire à la Pologne. La France rejoindra cet agrégat monétaire alors que les sorts de l’Italie ou de l’Irlande sont plus incertains. Les marchés financiers ont, quant à eux, déjà choisi, rangeant, au travers du taux d’intérêt, les pays européens dans deux catégories, dont l’épicentre allemand est désigné par des taux proches de zéro ou négatifs.<br />
Mais ne nous réjouissons pas de cette situation où la Belgique serait apparemment du bon côté de l’Europe, encore que les différences régionales entre la Flandre et la Wallonie constituent elles-mêmes une césure économique. La fin de la zone Euro porterait les germes d’une dislocation des flux de commerce et entraînerait, au-delà des pertes immédiates, une contraction du PNB à laquelle s’ajouteraient les contraintes d’une monnaie, c’est-à-dire un Deutsche Mark, forte. Les marchés boursiers subiraient une très sévère et longue correction.</p>
<h2>Voie de sortie</h2>
<p>Voilà le tableau de la désolation à laquelle le manque d’harmonisation européenne ou l’expulsion monétaire de la Grèce pourrait conduire. Et que les tribuns mal informés cessent de blâmer les banques et les marchés financiers, boucs-émissaires commodes d’une crise financière systémique! Ce ne sont pas les banques qui ont dérivé, mais les États, c’est-à-dire nous qui avons péché par manque de discipline, croyant que l’endettement s’assimilait à du capital.<br />
Il reste une voie de sortie mais dont l’orifice s’amenuise jour après jour, à savoir une intégration brutale des structures politiques accompagnée d’une injection monétaire massive et d’une inflation subséquente qui allègerait le poids des dettes et permettrait un rééquilibrage générationnel des richesses. Il faudra que les banques du Sud soient recapitalisées afin d’éviter un effet domino. Le 9 juillet, le mécanisme de stabilité monétaire sera activé avec une capacité d’action de 500 milliards. Ce sera le dernier effort allemand.<br />
Mais nous craignons que, sauf une expression de volonté décisive, les Etats membres, tels les artisans de la Tour de Babel, aient commis un péché politique assorti d’une vanité monétaire. Ils ne parlent plus la même langue. Les messages politiques s’assimilent à une cacophonie. Le temps leur est – nous est – désormais compté. L’été 2012 sera le moment de vérité. Sans avancée politique majeure, ce sera, au mieux, une injection monétaire colossale pour sauver l’Euro temporairement ou sa désintégration&#8230;</p>
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